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je ne sais pas très bien ! commissaire, curator, artistes

Alexandre Perigot, Polska Palace, 2008, Bialystok, Arsenal, © mathieu Harel-Vivier

Si les musées n’ont plus la vocation de montrer les œuvres d’un artiste indépendamment les unes des autres sans que celles-ci s’enrichissent ou se perdent du fait de leur proximité, de leur présence dans un espace où l’œuvre n’est plus seule ; alors c’est peut être que le commissaire saisit mieux la force d’agencement dont-il dispose lors de la réalisation d’une exposition.

L’œuvre n’est jamais seule et ne l’a jamais été. L’histoire de l’art nous renseigne à ce propos. Marcel Duchamp avec une exposition comme celle du surréalisme à la galerie Art of this Century à New York matérialise le lien entre les oeuvres par un fil tendu dans l’exposition. Le changement significatif  que l’on peut relever est peut être cette prise de conscience des liens qui s’opèrent entre les œuvres d’art d’une exposition quelle qu’elle soit. Si John M Armleder nie le White Cube avec  l’installation Enter at your own Risk et pense le lieu  au titre de l’espace qui va recevoir et interagir avec les oeuvres, il en est d’autres qui pensent la place de l’œuvre dans l’espace, comme Alexandre Perigot qui dans sa dernière version des Palais réalise Polska Palace à Bialystok à la galerie Arsenal en 2008. Cet appartement évolutif qui accueillait autrefois l’image du décor du film Popeye de Robert Altman à la Criée à Rennes se voit être l’écrin de la collection du centre d’art Arsenal. Les pièces des jeunes artistes polonais prennent place sur les cimaises extérieures aussi bien que sur les cimaises en diamètre des plateaux. Aussi, la perception des œuvres n’est jamais la même. L’une et l’autre se rapproche et s’éloigne comme pour souligner certaines accointances que le mouvement remet aussitôt en question.

voir : Catherine Francblin, Varsovie/Bialystok, Nouvelles perspectives polonaises, février 2008, artpress n° 345, mai 2008, p. 85.

  1. 1 commentaire pour “je ne sais pas très bien ! commissaire, curator, artistes”

  2. Par Ann Stouvenel le 7 août 2010

    Cet aspect de l’oeuvre d’Alexandre Perigot est très Intéressant. Le rapport entre cette exposition de Duchamp me fait également penser aux expositions que Marc Olivier Walher réalise ou confie à d’autres commissaires, comme Ugo Rondinone l’année dernière au Palais de Tokyo. L’idée est similaire : comment faire coexister des oeuvres appartenant à des périodes différentes de l’histoire de l’art contemporain et de quelle manière la proximité de ces oeuvres alimente leur sens et leur forme.

    Dans cette analyse de la place des oeuvres d’Alexandre Perigot dans l’espace, il semble essentiel d’insister sur le positionnement particulier d’une troisième oeuvre de ce triptyque d’Alexandre Perigot dont tu parles. L’oeuvre BorderPalace est installée, dans un des cinq lieux de la dixième Biennale d’Istanbul, à un passage emprunté par le visiteur pour se rendre dans la deuxième partie de l’exposition. Cette installation met ce visiteur dans un espace coupé de l’ambiance de la biennale. La désorientation et la perte de notion de temps renvoie les adultes à un jeu enfantin qui place le visiteur au milieu d’une circulation sinueuse rythmée par des plateaux tournants. Cette brèche dans le parcours de l’exposition joue et agit sur les oeuvres exposées dans ce lieu, mais également sur l’ensemble de l’exposition, comme un passage obligé qui fractionne ce lieu. BorderPalace est à mon sens une oeuvre qui correspond tout à fait à ce questionnement de la force d’agencement que des commissaires comme Hou Hanru ou Marco Oliver Walher proposent avec intelligence.

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